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Japon : l’empire du mignon contre-attaque 24 novembre 2014

Classé dans : Non classé — lejaponuneaffairedemondialisation @ 17 h 59 min

http://obsession.nouvelobs.com/pop-life/20130919.OBS7742/japon-l-empire-du-mignon-contre-attaque.html

Dans le quartier d’Harajuku, repère des jeunes japonais extravagants, une lycéenne croise Kimura U nouvelle ambassadrice du mignon au Japon. En effet, Kimura U très connu dans la capitale japonaise a été choisi pour représenter son pays à la Tokyo Crazy Kawaii qui se déroule à Paris. Cet événement est fermement soutenue par le gouvernement nippon afin d’exporter sa pop culture à l’étranger et de redorer l’image que les autres pays ont de lui depuis Fukushima. La manifestation est 100% japonaise, à moitié financée par le gouvernement et orchestrée par le ministère nommé à cet effet, « cool Japan ». l’objectif : présenter la culture japonaise et faire du « business » pour couvrir le déficit commercial enregistré en aout dernier qui s’élève à 7,4 milliards d’euros. Kimura U a ainsi rencontrée Nathalie Kosciusko-Morizet et Rachida Dati à Paris même ce qui « enclenche la première phase de la contre-attaque planétaire » japonaise.

Japon : l’empire du mignon contre-attaque

Mangas, mode, musique, sushis : avec le festival Tokyo Crazy Kawaii à Paris, l’État japonais compte rebooster son influence culturelle en France et dans le monde. Le mot d’ordre ? « Mignon. » De notre envoyé spécial à Tokyo.


« Kawaii ! » (« Mignon ! »). Un cri strident et collectif retentit dans une rue de Tokyo. Un groupe de lycéennes vient de tomber nez à nez avec une de leurs idoles, Kimura U. On peut difficilement louper la starlette : tout de rose vêtue, elle rayonne littéralement dans le quartier de Harajuku, fief des jeunes Tokyoïtes extravagants. Douce hystérie, demande d’autographe, photo souvenir avec les doigts en V et « arigato gozaimasu » (merci beaucoup) : la scène est un classique au pays du soleil levant. À ceci près que Kimura U n’est pas une célébrité comme les autres. Très officiellement nommée « ambassadrice du mignon » par son ministère des Affaires étrangères, elle se rend ce week-end à Paris pour la première édition de Tokyo Crazy Kawaii, un festival dédié à la pop culture japonaise.

Japon : l'empire du mignon contre-attaque 6397702(Une lycéenne croise Kimura U et n’en croit pas ses yeux)

L’événement, soutenu par l’État nippon, se situe au cœur de la nouvelle stratégie du Japon pour exporter son univers culturel branché. Des lolitas aux boys bands, en passant par la mode et même les sushis, l’heure est à la relance ! Enjeux : redorer une image de marque polluée par Fukushima et reconquérir le terrain grignoté à l’étranger par le voisin sud-coréen en plein boom. Depuis un an, cette opération séduction dispose même de son propre ministère. Nom de code : « Cool Japan. »

Le ministère le plus cool du monde veut reconquérir la planète

Environ 1,5 million d’euros. Tel est le prix du festival Tokyo Crazy Kawaii, qui se déroule du 20 au 22 septembre au parc floral de Vincennes. L’État nippon paie la moitié de l’addition. Le reste ? Financé par les exposants. L’organisation est 100% japonaise. Le Tokyo Crazy Kawaï représente le prototype de la nouvelle politique de l’archipel pour exporter ses produits culturels. L’événement, réglé au millimètre, est chapeauté par la ministre d’État Tomomi Inada, chargée de la stratégie Cool Japan. Sa mission depuis 2012 : propulser les nouveaux artistes nippons vers le succès international.

Tomomi Inada expose son plan d’attaque : les entreprises japonaises doivent constituer « les acteurs de la diffusion de la culture japonaise vers l’étranger », avec l’appui financier des autorités nippones. Ce modèle public-privé fait selon elle « la spécificité » du Japon face à la Corée du Sud, dont la politique d’exportation culturelle repose essentiellement sur les seuls « investissements de l’État sud-coréen ».

6397043(Une passante style kawaii-chic, dans le quartier de Ginza)

La comparaison avec Séoul s’impose.  Le chanteur PSY est devenu en 2012 le maître absolu de Youtube avec « Gangnam Style », vu par 1,7 milliard de personnes, tandis que la « Hallyu » – terme désignant l’engouement culturel pour la Corée du Sud – déferle sur le monde au rythme des tubes de K-Pop – regardés par des jeunes du monde entier sur les terminaux Samsung. De quoi faire de l’ombre au pays du soleil levant ? Pas officiellement. Tomomi Inada évite soigneusement de prononcer le mot « concurrence » lorsqu’elle évoque le voisin sud-coréen. Au contraire, elle fait part de son admiration pour le succès rencontré à l’international par les artistes de la Péninsule. Comme la majorité des jeunes Japonais, sa fille « est fan des séries télé et des groupes coréens »,  précise la ministre en gage de bonne foi.

Mais le respect porté à la réussite de la Corée de la Sud n’empêche pas le Japon de mettre les bouchées doubles pour combler son retard. Depuis l’arrivée de Shinzo Abe aux responsabilités, l’an dernier, le gouvernement a injecté 100 millliards de yens (environ 750 millions d’euros) dans le budget de la stratégie Cool Japan. Le festival Tokyo Crazy Kawaii à Paris pose l’un des premiers jalons de cette conquête du monde par le « soft power ».

« Kawaii »: le mignon à tout prix

Pour conquérir le monde, le Japon mise sur une arme de séduction massive : le kawaii (prononcer « kawouahi »), mot que l’on utilise dans l’archipel au sujet de tout qui paraît mignon. Le kawaii s’est transformé en tendance commerciale lorsque les lycéennes de Shibuya ont pris le pouvoir il y a vingt ans dans les magasins de vêtements, imposant des looks enfantins et colorés. Aujourd’hui, le terme fait office de sésame qui se décline à toutes les sauces dans la société japonaise. Sa présence dans le nom du festival, Tokyo Crazy Kawaii, montre que le mot se double aussi d’un argument marketing à l’étranger.

« Je ne savais pas que le mot kawaii était aussi connu en dehors du Japon », confie l’ambassadrice officielle du mignon nippon, Kimura U. Allure de femme-enfant, panoplie intégralement rose, elle constitue l’incarnation ultime du kawaii. Son âge ? Secret défense. Elle paraît avoir 16 ans, elle pourrait en avoir le double.

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Sa passion ? Les perruques. Kimura U en possède 50 (dont 40 rose). Ses occupations ? « Mannequin », « créer les vêtements de sa marque », « écrire des chansons », « accorder des interviews »… Autant d’activités rémunératrices qui lui permettent de gagner autour de 2.300 euros par mois, « autant qu’un salarié moyen ». Sur Facebook, cette professionnelle du kawaii culmine à 7.000 « likes », signe que sa popularité peine encore à dépasser le cercle des adeptes de son style, le Moe-Harajuku. Missionnée il y a quelques années par le ministère japonais des Affaires étrangères, elle représente la figure de proue fantaisiste et sexy du « Japon cool » que souhaitent promouvoir les autorités japonaises.

Elle arrive à Vincennes en compagnie de son alter ego « nerd », la photographe Julie Watai. Cette dernière mélange les accessoire kawaii et les composants électroniques, entremêlant les influences des quartiers de Harajuku et d’Akihabara, la Mecque du jeu vidéo. Ses images mettent souvent en scène des filles en maillot de bain, mais elle se garde de reconnaître qu’elle produit des images érotiques : tout dépend du regard du spectateur, souligne-t-elle avec une ingénuité typiquement nippone.

6397029(Julie Watai)

Vous pensez avoir déjà vu le meilleur (ou le pire) du kawaii ? Vous ne connaissez pas encore les Bijo Men Z. Ces quatre travestis poussent le style jusque dans ses derniers retranchements. Décidé à atteindre un style « unisexe », le groupe expérimental se compose de jeunes hommes qui s’habillent en magiciennes et se rattachent chacun à pouvoir élémentaire (la terre, l’eau, le feu, l’air), à la manière d’un jeu de rôle sur PlayStation.

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Les Bijo Men ne souhaitent pas adresser « un quelconque message sur l’homosexualité ». Les costumes de femmes, c’est seulement le fun et la beauté du geste. D’ailleurs, tous les quatre disent être hétéro. Leur crédo, c’est le kawaii comme instrument de paix : « Il y aurait moins de violence si le monde était plus kawaii », soutient philosophiquement l’un d’entre eux.

Chanteuse virtuelle

Autre nouveauté kawaii débarquant au parc floral de Vincennes : « IA », une chanteuse… virtuelle. Le concept s’appelle Vocaloid : un rétroprojecteur couplé à un jeu de miroirs fait l’effet d’un hologramme 3D, permettant à une chanteuse en images de synthèses de se trémousser sur scène. Le logiciel, créé au pays du soleil levant, coûte jusqu’à 10 millions de yens – environ 75.000 euros, sans compter le matériel et les équipes techniques et artistiques à la manœuvre. Les créateurs d’IA espèrent lui trouver en France un nouveau public, voire, à terme, vendre leur système à des entreprises étrangères.

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Le kawaii au-delà du manga et du cosplay

Dans le sillage des Kimura U, Bijo Men Z et autres artistes déjantés, le Japon entend promouvoir à Paris un kawaii plus sobre et plus « lifestyle », celui que vivent au quotidien la majorité des jeunes Nippons. D’abord à travers des chanteurs reconnus qui évitent les looks multicolores, tels que le boys band Spyair ou Anna Tsuchiya, une Japonaise d’origine polonaise. Cette dernière émet une théorie sur l’origine du succès du kawaii dans l’archipel : « Les jeunes Nippones, frustrées de ne pouvoir ressembler aux stars d’Hollywood, ont tiré leur épingle du jeu en jouant la carte du mignon. »

De manière subtile, l’esprit kawaii règne également dans la cuisine japonaise. Les restaurants du quartier de Tsukiji déménagent pour trois jours dans l’Hexagone. Outre la promotion faite autour du ramen et des shows de découpe de thon, le Japon envoie à Paris l’un de ses représentants de choix, le chef Aoki, dont la spécialité consiste à réaliser – la vitesse de l’éclair – des bouquets de sushis. Son souhait ? Que les jeunes Japonaises crient « Kawaii ! » à la découverte de son plat.

6397041(Le bouquet de sushis, lui aussi candidat à l’exportation)

Le kawaii du quotidien, c’est aussi le Shibuya 109, centre commercial qui représente à Tokyo le temple sacré du prêt à porter féminin. Plusieurs marques font le déplacement à Paris pour présenter et vendre les vêtements qui font actuellement fureur chez les lycéennes nippones. Kawaii chic, kawaii gothique ou encore kawaii « west coast », le mignon nippon s’accommode de toutes les influences, bien au-delà du style manga.

6397033(Shibuya, temple de la consommation et du kawaii. À gauche, le « 109″)

C’est le président du comité Tokyo Crazy Kawai, Ichiya Nakamura, qui a choisi les membres de cette éclectique armada japonaise. À la tête d’une commission sur la pop culture au ministère des Affaires étrangères, l’homme a troqué le costume occidental contre le kimono en même temps qu’il endossait la responsabilité de promouvoir les artistes de l’archipel. Son bureau dans le quartier d’Akasaka à Tokyo fait l’effet d’un joyeux bric à brac, où les mangas se disputent la place aux numéros collector de diverses revues.

L’événement de ce week-end a pour ambition, explique-t-il, « de présenter la culture japonaise et de faire du business. » Ichiya Nakamura n’est pas sans connaître l’existence en France de Japan Expo, grande manifestation annuelle organisée par des Français férus de culture nippone. Mais vu de la commission de la pop culture à Tokyo, Japan Expo fait une part un peu trop belle « aux mangas et aux cosplays ». Tokyo Crazy Kawaii veut donc faire découvrir de nouveaux aspects de la culture japonaise aux Parisiens. Et ouvrir de nouveaux marchés aux entreprises qui font le déplacement.

La France et le Japon auront-ils la même notion du mignon ?

L’enjeu est de taille pour le pays du soleil levant. En août, le Japon a enregistré un déficit commercial historique de 7,4 milliards d’euros, paroxysme d’une crise économique marquée par la déflation du yen depuis 15 ans et l’accident nucléaire de Fukushima en 2011. En investissant dans la stratégie Cool Japan, le gouvernement nippon espère « véhiculer une image positive du Japon » en cette période de turbulences, reconnaît la ministre Tomomi Inada. Et participer au « redémarrage économique » sur lequel planche le gouvernement de Shinzo Abe.

6396709(Rencontre du 3e type : Kimura U serre la main de Nathalie Kosciusko-Morizet et de Rachida Dati à Paris, le 19 septembre. Photo AFP/Éric Feferberg)

Pourquoi Paris a-t-il été aussi choisi pour accueillir la première édition de Tokyo Crazy Kawaii ? « Il existe une tradition d’échanges culturels entre la France et le Japon », répond la ministre. La femme politique remonte même jusqu’au « japonisme », le mouvement d’enthousiasme qu’a connu la France lorsque l’archipel s’est ouvert sur le monde, au XIXe siècle. Un enthousiasme durable, puisque l’Hexagone est devenu il y a une vingtaine d’années le 2e plus gros consommateur de mangas et d’animés au monde, derrière le Japon et devant les États-Unis. Français et Japonais partagent « la même notion du beau », selon Tomomi Inada. S’accorderont-ils sur le mignon ? Le festival Tokyo Crazy Kawai, au parc floral de Vincennes, apportera de premiers éléments de réponse. C’est ici que le Japon de la pop culture enclenche la première phase de sa contre-attaque planétaire.

Texte et photos : Cyril Bonnet – Le Nouvel Observateur

 

 

Culture japonaise et mondialisation

Classé dans : Non classé — lejaponuneaffairedemondialisation @ 17 h 51 min

Aujourd’hui la pop culture prend de plus en plus d’influence et s’intègre dans la mondialisation. En effet le Japon a pris le plie et mise, à présent, sur ce qui semble le mieux fonctionner. Le gouvernement japonais va au plus près du consommateur et impose sa « philosophie » du KAWAII. Aussi bien en musique, qu’en littérature ou même au cinéma le KAWAII s’exporte et s’adopte. Stratégie ? renvoyer la nouvelle image des jeunes japonais qui influence le monde et augmente le poids du pays.

Japan Expo and Comic Con in Parishttp://www.canal-u.tv/video/universite_toulouse_ii_le_mirail/culture_japonaise_et_mondialisation_kazuhiko_yatabe.4250

Culture japonaise et mondialisation / Kazuhiko Yatabe

Culture japonaise et mondialisation / Kazuhiko Yatabe. In « Le japonais, c’est possible. Etats généraux de l’enseignement du japonais en France« , séminaire organisé par le Comité pour l’enseignement du japonais en France (CEJF) à l’occasion du 150e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et le Japon. Paris : École normale supérieure, 15 novembre 2008. (Production et réalisation : Université Toulouse II-Le Mirail). Thématique 3 : Le Japon, pays d’avenir.

« Le Japon, un « pays d’avenir » ? Examiner ce que les Japonais désignent par les termes sabu-karuchâ (subculture) ou poppu karuchâ (pop culture) est sans doute une bonne entrée en matière pour évaluer la pertinence de la question. Une chose est certaine : qu’elle renvoie à des productions culturelles de masse telles que les mangas, les anime (dessins animés), les jeux vidéo, la J-pop (la musique pop et/ou rock), les keitai shôsetsu (les romans écrits et lus sur des téléphones portables), à des qualificatifs comme kawaii (mignon) ou encore à des comportements et à des pratiques plus ou moins partagés par les jeunes générations, la pop culture dit quelque chose sur la société japonaise contemporaine. Et dans la mesure où elle obéit à des impératifs draconiens de rentabilité -elle est indissociable de l’existence d’une industrie culturelle-, on peut affirmer qu’elle se tient au plus près des désirs du consommateur dont elle dévoile et exprime, pour ainsi dire au premier degré, la vision du monde. En d’autres termes, ce qu’elle donne à voir, à entendre et à vivre, peut servir d’indicateur pour esquisser les contours de la société japonaise présente et à venir, telle qu’elle est appréhendée par les jeunes Japonais. Si nous postulons que la modernité de l’archipel contribue à donner sens à la modernité tout court, alors sans doute pouvons-nous avancer que le détour par le Japon et sa culture dans ce qu’elle de plus contemporain apporte des pistes utiles, voire indispensables, pour une meilleure compréhension du monde auquel nous appartenons ».

 

 

Japan Expo, l’arme fatale de la pop culture nippone

Classé dans : Non classé — lejaponuneaffairedemondialisation @ 17 h 46 min

Japan Expo and Comic Con in Paris

Depuis quelque années le Japon s’intéresse de près à l’événement phare du début du mois de Juillet : la Japan Expo. En effet, le Japon affectionne tout particulièrement l’environnement et le public de plus en plus diversifié que l’on retrouve chaque année. De ce fait, le gouvernement japonais finance la moitié du budget de l’événement et permet ainsi à tous les OTAKUS, et autres geeks, de découvrir une culture japonaise en effervescence.

Japan Expo, l’arme fatale de la pop culture nippone                        http://www.poptronics.fr/Japan-Expo-l-arme-fatale-de-la-pop

Les Français aiment la culture japonaise, et le prouvent chaque année à la Japan Expo. Le Japon, lui, aime… la Japan Expo ; le gouvernement nippon, qui veut faire de sa pop culture une arme diplomatique, l’a montré cette année plus que jamais. Explications.

La Japan Expo est une gigantesque foire dans le nord de Paris dédiée à la culture japonaise, tendance populaire : mangas, dessins animés (anime), mode, jeux vidéo, cuisine, arts martiaux, etc. Rien de très nouveau sous le Soleil levant –les dessins animés japonais ont fait leur apparition sur nos télés à la fin des années 1970– mais les Français en redemandent : l’événement, qui attirait un noyau de 3.200 fans en l’an 2000, a grossi chaque année pour dépasser les 160.000 visiteurs pour son dixième anniversaire, le week-end dernier au Parc des expositions de Villepinte.

Des « japoniaiseries » à la stratégie export Le public s’est donc forcément diversifié : dans les allées bondées et surchauffées du salon, on retrouvait les otakus (fans de pop culture japonaise) de la première heure, mais mélangés à d’autres geeks (la Japan Expo accueille en son sein le Comic Con’, qui rassemble les fondus de science-fiction et de super-héros), à de simples curieux, voire à Monsieur Tout-le-monde. Car ce que certains qualifiaient en d’autres temps de « japoniaiseries » a su sortir du placard depuis quelques années pour devenir une passion avouable. Il est d’ailleurs devenu courant pour des milliers de jeunes gens de se présenter à la Japan Expo déguisés en héros de mangas.

Toute cette agitation autour de sa pop culture est vue comme une aubaine par le gouvernement japonais, qui, après s’être aperçu tardivement qu’il était assis sur une mine d’or, s’emploie depuis quelques années à en ériger l’exportation en stratégie diplomatique. Outre la création d’un prix international du manga et l’annonce controversée de la construction d’un musée de la pop culture à Tokyo, trois jeunes filles ont récemment été nommées ambassadrices du kawaii (« mignon » en japonais) pour faire connaître la mode vestimentaire nipponne dans le monde.

Le Japon s’implique dans la Japan Expo L’Archipel voit dans cette approche du « soft power », l’influence exercée par un pays sur les autres par des moyens non coercitifs comme la culture, un remède à beaucoup de ses maux. Le « nain diplomatique » qu’est le Japon se verrait bien exercer plus d’influence grâce à sa diplomatie du manga, dont le premier représentant est le Premier ministre Taro Aso lui-même, qui se décrit comme un otaku. Le pays, durement éprouvé par la crise mondiale, n’a pas non plus oublié que c’est dans les années 1990, quand il subissait l’effondrement de sa bulle économique, que sa pop culture s’est révélée être un succès planétaire.

Autant de bonnes raisons de s’introduire peu à peu dans la Japan Expo. D’abord à pas feutrés : « En 2003 ou 2004, se souvient Thomas Sirdey, vice-président de SEFA Event, qui organise l’événement, nous avons rencontré le directeur culturel de l’ambassade du Japon qui nous a dit : “Il faut faire quelque chose ensemble.” Ils ont ensuite procédé prudemment, à la japonaise, en envoyant des gens se renseigner sur l’organisation, et en 2007, nous avons rencontré l’ambassadeur. » Six ans plus tard, le gouvernement nippon joue à présent un rôle important dans l’organisation de la Japan Expo en aidant notamment certains artistes et entreprises à s’y rendre, et surtout par l’intermédiaire du CoFesta, le festival international de l’industrie de contenu japonaise, une structure-ombrelle destinée à promouvoir le divertissement japonais dans le monde.

Manga : un premier pas vers la culture japonaise La diplomatie du manga donne-t-elle à l’étranger une image fidèle du Japon ? « Certainement pas, s’amuse Shigeo Sugimoto, qui prépare une thèse à l’Université libre de Bruxelles sur l’influence de la culture japonaise dans le monde et les valeurs qu’elle véhicule. Et ce n’est d’ailleurs pas le but. Mais c’est, à mon sens, un bon moyen d’entrer dans la culture, beaucoup moins cliché que le sumo et les jardins zen. » Une bonne partie des cosplayers (contraction de « costume » et « playing », ceux qui se déguisent, donc) croisés dans les travées du salon ont découvert l’anime (prononcé « animé », l’abréviation de la prononciation japonaise d’« animation ») au « Club Dorothée » dans les années 1980 et 1990, ou sur les chaînes spécialisées pour les plus jeunes, avant de se tourner vers le manga papier. Pas dupes, ils semblent prendre le manga et l’anime pour ce qu’ils sont. « C’est une vision un peu réductrice de la culture japonaise, analyse Laure, une jeune femme de 27 ans habillée de pied en cap en gothic lolita, une mode vestimentaire japonaise à base de jupes bouffantes et de dentelles. Mais les mangas contiennent des références à la culture que j’ai voulu essayer de comprendre. Je pense qu’on a un peu une image faussée du pays ; il faudrait peut-être vivre là-bas pour se rendre compte de la réalité. »

mathias cena Japan Expo, l'arme fatale de la pop culture nippone  signature
 

 

Japan Expo : fief de la culture pop japonaise

Classé dans : Non classé — lejaponuneaffairedemondialisation @ 17 h 32 min

Japan Expo and Comic Con in Paris

La Japan Expo qui se déroule chaque année début juillet en France depuis 15 ans, attire de plus en plus de monde. Et pour cause, on peut y trouver une centaine de stands aussi farfelus les uns que les autres qui vous permettront de faire votre shopping entourés de cosplayers très imaginatifs. Vous pourrez également y découvrir les créateur de Nolife, une chaine télévisée qui regroupe les bouquets télé japonais de tous les grands opérateurs. Entre autre, la japan expo est LE bouillon de culture de la culture nippone.

« NOUS Y ÉTIONS – Le Parc des expositions de Villepinte accueillait jusqu’à dimanche les 14e et 5e éditions des deux salons parisiens dédiés à la pop culture. Cosplay, jeux vidéos et speed dating, il y en avait pour tous les geeks. Perruques en Z façon Dragon Ball, lentilles de contact dorées à la Edward Cullen (ou en vert et jaune pour Hulk), sabres de samouraï, boucliers en imitation adamantium, on trouve de tout dans les couloirs bariolés de la Japan Expo et du Comic Con français. C’est peut-être ce qui explique le succès de ces événements conjoints, organisés cette année du 4 au 7 juillet, au Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte.

Les geeks de France et de Navarre y affluent en foules de plus en plus denses – 8000 en 2000, 220 000 en 2012! – pour faire leurs emplettes très spéciales et parader dans des costumes impressionnants qu’ils ont, pour les puristes, passé un an à confectionner à la main. Héros de mangas ou de comic-books, chevaliers Jedis ou Vulcains aux oreilles pointues, ils sont les hérauts d’une culture pop qui n’a plus honte de s’afficher. Deux stands témoignent de cette réalité de moins en moins parallèle: celui de la chaîne de télévision Nolife et celui du site de rencontres Geekmemore.

Lancée en juin 2007 par une petite équipe de passionnés du Japon et de jeux vidéo, Nolife a réussi à se maintenir en vie et à intégrer les bouquets télévisés des grands opérateurs. Un exploit qu’elle doit notamment au soutien des geeks en tout genre, qui n’hésitent pas à contribuer à la survie financière de leur «chaîne préférée», comme ils ne cessent de l’affirmer à son cofondateur Sébastien Ruchet, présent en dédicace à la Japan Expo. «On est encore très fragile et on se développe très doucement, mais dans le contexte actuel de crise de l’audiovisuel, c’est déjà exceptionnel! Dans quelques jours, on aura dépassé la durée de vie de la Cinq de Berlusconi!», se félicite Sébastien Ruchet entre deux séances d’autographes. Selon lui, le «Arte des geeks» est promis à un bel avenir car «la société s’est rendu compte que les geeks en question sont ses éléments les plus créatifs» et, au lieu de les marginaliser, est en train de les «mainstreamer». Autrement dit, les outsiders d’autrefois s’appellent aujourd’hui Peter Jackson ou J.J. Abrams et façonnent la culture populaire dominante. »

Le Figaro. http://www.lefigaro.fr/culture/2013/07/08/03004-20130708ARTFIG00604–japan-expo-comic-con-la-culture-geek-devient-la-culture-g.php

 

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